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L'ANCGG est particulièrement
attentive aux problème d'hygiène
et de santé liées au grand
gibier (zoonoses, maladies spécifiques
aux animaux, traitement de la venaison).
Les zoonoses sont des maladies
qui touchent surtout les animaux, mais
on tend actuellement à réserver
ce terme aux affections transmissibles
des animaux vertébrés à
l'homme et inversement.
Les chasseurs et les personnes
qui fréquentent la forêt
ou qui manipulent du gibier sont plus
particulièrement exposés
à ces différentes zoonoses.
L'internaute pourra consulter
utilement les pages web du site internet
du ministère de la santé
consacrées à ce sujet :
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/zoonose/
Nous reproduisons
ci-dessous un article du docteur Alain
François paru dans Chasse Gestion
:
EN ETE, ATTENTION
AUX ZOONOSES EN TOUS GENRES
par
Alain FRANÇOIS
La
période estivale, en France métropolitaine,
favorise le développement de loisirs
proches de la nature, telles les promenades
en forêt, les baignades en rivière...
Cette période est donc propice
au développement des zoonoses,
maladie transmise de l'animal à
l'homme selon diverses modalités.
Cet appel à une attention particulière
est pertinent, car bon nombre de zoonoses,
qui semblent aujourd'hui éradiquées,
ou en tout cas relativement rares, reviennent
par des voies détournées.
Et l'été, avec le retour
à la nature qu'il favorise pour
beaucoup de vacanciers, est leur saison
de prédilection. Passons en revue
quelques exemples.
L'ECHINOCOCCOSE
ALVÉOLAIRE
Cette
parasitose n'est plus circonscrite à
sa seule zone endémique connue
(Franche-Comté et Massif Central)
étant présente dans toute
la France. Plusieurs années peuvent
s'écouler entre l'infestation et
l'apparition des signes cliniques: la
larve (Ecchinococcus multilocularis) se
développe lentement dans le foie,
créant une pseudo-tumeur longtemps
asymptomatique.
Le gros foie est découvert à
l'occasion de fièvres, douleurs,
troubles digestifs ou encore lors de complications.
L'agent de l'échinococcose, présent
dans les excréments du chien et
surtout dans ceux du renard, se retrouve
sur les végétaux et baies
sauvages.
La maladie est toujours grave. Le traitement
est surtout chirurgical, un traitement
médical antiparasitaire pouvant
aussi être envisagé. La transplantation
hépatiques a déjà
été réalisée.
LA
LEPTOSPIROSE
Le
diagnostic de cette maladie, qui affecte
l'ensemble du territoire, est problématique
en raison de la grande diversité
des signes cliniques: après une
phase d'incubation de 6 à 14 jours,
le tableau évoque une septicémie
avec, éventuellement, de la fièvre,
des frissons, une tachycardie, une augmentation
de volume de la rate, des douleurs musculaires
et articulaires, des maux de tête,
une éruption cutanée, un
syndrome méningé ...
Selon les modes de dissémination,
on peut toujours trouver une atteinte
hépatique avec ictère (jaunisse)
, une insuffisance rénale, des
signes neurologiques, des perturbations
sanguines, une atteinte pulmonaire ou
cardiaque, une atteinte oculaire.
Le diagnostic biologique est difficile:
mise en évidence des leptospires
dans le sang, les urines ou le liquide
céphalo-rachidien peut être
impossible à certaines périodes
de la maladie. La sérologie n'a
d'intérêt qu'au bout de 10
jours au moins.
La transmission est variée: par
morsure (notamment du rat) ou par simple
contact avec les rongeurs, des chiens
ou des animaux d'élevage (porcs).
Le traitement repose sur l'hospitalisation
avec antibiothérapie injectable
pendant au moins 10 jours.
LA
MALADIE DE LYME
Présente
essentiellement dans le Nord-Est de la
France, mais en pleine extension, la maladie
de Lyme se manifeste par un érythème
chronique migrant, une éruption
rouge, inflammatoire, qui s'étend
et peut s'associer à de la fièvre,
pour disparaître spontanément
en quelques semaines.
Dans la phase secondaire, après
quelques semaines ou quelques mois, des
manifestations articulaires, cutanées,
cardiaques, neurologiques, générales
sont signalées.
Difficile sur le plan clinique, le diagnostic
peut s'appuyer sur des tests sérologiques.
C'est la tique (Ixodes) présente
chez de nombreux mammifères (cervidés,
bétail, petits rongeurs, chiens)
qui est le vecteur de cette bactérie
du genre Borrelia.
L'antibiothérapie par voie orale
sera d'autant plus efficace qu'elle sera
prescrite précocement.
LA
MÉNINGO-ENCÉPHALITE EUROPÉENNE
À TIQUES
Principalement
rencontrée dans les contrées
du Nord-Est (Alsace-Lorraine), cette maladie,
après une incubation de 2 à
28 jours, évoque un syndrome grippal
sévère, avec de la fièvre
qui réapparaît après
des phases de répit, des douleurs
musculaires et des signes neurologiques
graves (méningite et encéphalite).
Les tests sérologiques spécifiques
sont encore peu performants. Le diagnostic
est effectué par la ponction lombaire.
Le traitement est symptomatique.
La tique du genre Ixodes transmet le virus
via les rongeurs et les oiseaux. À
noter que le virus, qui survit bien dans
le lait, est inactivé par la pasteurisation.
LA
FIEVRE HEMORRAGIQUE AVEC SYNDROME RENAL
Cette
maladie est également décrite
dans le quart Nord-Est de la France. I.:infection
est due à un virus de la famille
des Hantavirus, dont les hôtes naturels
sont des rongeurs.
Elle est d'ordinaire bénigne, mais
les problèmes rénaux sont
parfois suffisamment sérieux pour
que l'hospitalisation soit nécessaire.
LA
LEISHMANIOSE
Endémique
dans le pourtour méditerranéen
(Corse, Provence-Alpes, Côte d'Azur
et Languedoc-Roussillon) cette maladie
comprend trois types de manifestations
cliniques: viscérales, la plus
fréquente, cutanée et cutanéomuqueuse.
Après une incubation d'l à
6 semaines, le diagnostic peut-être
évoqué devant une fièvre
irrégulière, une pâleur
extrême, un amaigrissement, des
ganglions, une grosse rate et un gros
foie. La sérologie offre un diagnostic
performant.
C'est la piqûre de petits insectes
velus particulièrement actifs à
la tombée de la nuit (phlébotomes)
qui transmet la maladie à l'homme.
LA
RAGE
La
rage sylvatique (due au renard) a disparu
de France, mais celle des chauve-souris
continue à sévir sur tout
le territoire (chauve-souris autochtones
ou importées clandestinement).
Après une incubation très
variable (de 10 jours à 2 ans),
le tableau présente généralement
une excitation psychomotrice majeure associée
à des hallucinations et des convulsions.
S'y associent une soif intense, une hydrophobie
(peur de l'eau) et une forte fièvre.
Le décès survient dans tous
les cas, 4 à 6 jours après
le début des symptômes.
En l'absence de traitement une fois la
maladie déclarée, la vaccination
efficace après l'exposition et
avant les symptômes. Des immunoglobulines
spécifiques peuvent y être
adjoints.
La contamination se fait par la salive
des animaux (morsures, griffures ...)
y compris celle des animaux morts.
LA
BRUCELLOSE
La
Brucellose des bovins a disparu grâce
à une rigoureuse politique sanitaire
observée en France. Des foyers
de brucellose ovine persistent dans le
Sud-Est. La Brucellose du chien, qui se
contamine à partir des rongeurs,
est encore observée, de même
que la brucellose porcine. Le sanglier
peut servir de réservoir à
cette zoonose.
LA
FIÈVRE DU NIL OCCIDENTAL
Cette
affectation qui est retrouvée depuis
quelques années sur des chevaux
et des oiseaux en Camargue, n'a pas à
ce jour touché l'homme en France,
alors que des cas humains sont signalés
aux États-Unis et en Israël.
Elle provoque des encéphalites
et des méningites. Le diagnostic
est sérologique.
Un dispositif de surveillance a été
mis en place. Les moustiques, vecteurs
du virus, font l'objet d'analyses à
un rythme hebdomadaire depuis le printemps
2001.
Extrait
du quotidien du Médecin par Alain
FRANÇOIS.
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